Maraudes 2026


Une maraude …

« Un mardi soir de maraude à Vintimille, dans l’ombre de ces corps jeunes qui jaillissent de nulle part et de partout, qui ne font que surgir, évanescents entre pays, villes et rivages,  je vois des routes éternelles, des tombes amoncelées entre îles et continents, tout un lot d’origines qui se retrouvent brouillées dans un radeau de baluchons et de valises!

Comme à chaque fois, une expérience charnelle, émotionnelle, irremplaçable. »

(inspiré d’un poème de Patrick Chamoiseau)

Chaque mois, nous sommes nombreux à participer solidairement à la préparation de notre maraude.

Deux équipes collectent le samedi matin nourriture et vêtements apportés au Mille-Club de Fayence par des dizaines de donateurs fidèles.

Pendant ce temps, en un autre lieu, une équipe s’affaire en cuisine pour préparer un plat chaud.

L’après-midi une dizaine de maraudeurs achemine le tout à Vintimille et le distribue aux exilés qui attendent chaque soir sur un parking à l’entrée de la ville.

Nous livrons aussi régulièrement des stocks de vêtements à la Caritas, organisation humanitaire bien placée non loin de la gare et du centre-ville, ainsi qu’à une autre association No Name Kitchen, également très présente sur Vintimille.

Calendrier prévisionnel des prochaines collectes et maraudes pour l’année 2026 :
  • Samedi 30 mai : organisée par Gérard W.
  • Samedi 27 juin : organisée par Véronique ou shara
  • Samedi 25 juillet : organisée par Françoise
  • Samedi 22 août : organisée par Shara
  • Samedi 19 septembre : organisée par Ariane et jef
  • Samedi 17 octobre : organisée par Bernard
  • Samedi 14 novembre : organisée par Michel
  • Samedi 12 décembre : organisée par Bernard

Pour pouvoir organiser ces maraudes dans les meilleures conditions possibles, merci de nous faire savoir votre souhait de participer à une maraude au plus tard quinze jours avant celle-ci.


Comptes rendus des maraudes de 2026 :


Maraude du 2 mai 2026

Compte rendu de la maraude du 2 mai 2026

Bernard, organisateur de la maraude :

Ce samedi, nous avons organisé une maraude avec une équipe un peu moins nombreuse que d’habitude, mais tout s’est néanmoins globalement bien passé.

Le matin, nos très fidèles donatrices et donateurs ont été présents et grâce à leurs dons nous avons pu confectionner soixante sacs de denrées non périssables qui sont donnés aux migrants pour leur repas du dimanche midi. Nous avons aussi disposé d’une quantité supplémentaire d’oeufs, de fromages et de fruits qui ont été mis en libre service … et tout a rapidement été pris !

Au poste des boissons, une nouveauté : une grande boîte de bonbons qui a fait très plaisir aux migrants : expérience à renouveler !

Pour le samedi soir, Dominique et Jean-Pierre, assistés de leur petit fils Thomas, pour qui s’était une « première », ont préparé le repas chaud pour 55 personnes qui se sont régalées.

Nous avons également eu le plaisir d’accueillir Muriel qui avait déjà participé à des collectes et qui est venue à Vintimille pour sa première maraude. Il est vraiment important pour notre association de voir s’impliquer de nouveaux bénévoles.

C’est aussi avec un grand plaisir que nous avons retrouvé à Vintimille notre ami le « docteur Claude » qui a pu y prodiguer quelques soins aux migrants.

En fin de soirée, Shara a pu donner à nos partenaires de l’association No Name Kitchen beaucoup de vêtements et plusieurs kilos de nourriture pour les aider au mois de Mai, car ils vont assurer ce mois-ci huit distributions.

Danielle :

Nous arrivons sur le parking suivis de très près par une voiture de l’armée.

Les « oubliés » sont là. Pas beaucoup, mais ils savent que nous allons arriver pour une distribution de repas, comme le fait Pays de Fayence Solidaire, une fois par mois et d’autres associations également.

Les autres volontaires arrivent aussi et tout se met en route pour monter au plus vite les tables afin de distribuer le repas. Car ils ont faim !
Nous le savons pertinemment, mais nous n’allons pas assez vite pour certains …

Une file de personnes se met en place, mais certains veulent être servis les premiers. Sous l’effet de l’alcool et autres substances, le ton monte et c’est ce qui est le plus difficile à gérer, surtout vis à vis des autres qui attendent bien calmement dans cette file d’attente.

La suite de la maraude s’est très bien passée, toujours très bien organisée et dans la bonne humeur.

Quelques nouveaux venus ( afrique, Pakistan et afghan istan) et vu ce qu’il se passe dans le monde actuellement, de nouvelles nationalités risquent de rejoindre celles déjà présentes.

Muriel :

Première maraude … Un peu de stress, beaucoup de questions …

Même si je connaissais le déroulement grâce à vos précédents compte-rendu, l’arrivée sur ce parking sinistre, ca fait un choc.

Les migrants sont là, déjà alignés. Ils attendent patiemment malgré quelques uns un peu éméchés. Mais comment leur en tenir rigueur : ils sont seuls, un peu désespérés, ils ont faim …

Après le repas, grandement apprécié, une partie de foot s’improvise et on voit des sourires sur les visages.

Quelques uns viennent nous parler pour partager leurs difficultés et leur espoir de bientôt trouver un travail, fonder une famille, vivre, enfin …et nous remercient.

C’est plutôt moi qui les remercie de me rappeler combien ma vie paraît simple et aisée malgré mes petits soucis et comme tout cela peut basculer soudainement.

Alors oui, c’est vrai, je suis heureuse d’avoir participé à cette maraude, petit moment d’échange et de réconfort.

Gérard :

Certains passagers sont alcoolisés, et peuvent être perturbateurs pour le bon déroulement de la distribution.

On a besoin d’un cadre et de règles mais on doit aussi tenir compte de la souffrance de certains qui ont quitté leurs familles et ont vécu des périples plus que mouvementés.

Nous bénévoles, quelle attitude doit on avoir ?

  • ne pas prendre les comportements pour soi : l’alcool + les parcours de vie expliquent beaucoup ;
  • parler simplement, lentement, sans hausser le ton ;
  • éviter de confronter ou de “raisonner” quelqu’un d’alcoolisé : ça ne marche presque jamais.

Je pense qu’il serait bon d’en parler lors de notre prochaine réunion.

En tout cas bravo et merci à notre belle équipe de bénévoles pour leur écoute et leur bienveillance.

Françoise :

Parmi les maraudeurs de ce samedi soir

              Claude, notre toubib était là par surprise ! 

Parmi les réfugiés de ce samedi soir 

              Il y avait des affamés

Parmi les affamés de ce samedi soir

             Il y en avait qui étaient perdus

 Parmi les perdus de ce samedi soir 

     ll y avait des malades, des blessés     

Il y avait aussi une femme, autrichienne, digne, blessée elle aussi par la vie…

Il y avait beaucoup de nouveaux arrivant par rapport au mois passé.

Et puis une image, un ballon apporté et qui permet et provoque un long match de foot joyeux entre plusieurs réfugiés ! Quelque chose que nous n’avions plus vu depuis des années (en tout cas pas moi) !! Qui plus est, juste à côté des forces de l’ordre (qui s’étaient installés vraiment très près de nous) et qui les regardaient faire en souriant … !

Grâce sans doute aussi au bon repas en suffisance préparé par les chefs…

La magie du moment !

Merci à Rosario et Danielle de nous avoir amené Claude !! Il a été très vite sollicité et a pu remettre notamment un coude déboité en place en moins de 2 minutes !! Quel soulagement pour ce jeune homme, son regard parlait pour lui, n’est-ce pas Claude !

A la fin de la distribution nous étions 4 autour de la table (des soins) : Claude, Emmanuelle et Muriel nos infirmières (bienvenue à Muriel !), et moi comme assistante. 

Bernard :

J’étais seul cette fois-ci au poste de rechargement des téléphones, mais tout s’est déroulé dans le calme et une douzaine de téléphones ont pu être rechargés.

J’ai revu Karim avec lequel j’avais longuement discuté lors de la dernière maraude. Mais ce soir, il est moins loquace. Il m’explique que malgré l’assistance d’un avocat qui travaille à Caritas, sa situation n’a guère évoluée et qu’il est toujours dans l’attente d’une convocation pour ses papiers. Il a pu avoir quelques heures de travail par-ci, par là, durant le mois écoulé, mais vraiment peu. Je lui donne une batterie externe que nous avons reçu en don ainsi qu’un nouveau câble pour son téléphone.

J’échange également avec un jeune libyen, qui a besoin d’un câble et d’une prise pour son téléphone. Il est fort content de les recevoir mais la discussion demeure brève, car étant depuis 3 ans et demi en Italie, il parle désormais couramment l’italien mais me dis avoir tout oublié de son français et je ne saurai jamais où il a pu apprendre notre langue.

Toute la soirée, j’observe les quelques jeunes qui jouent au foot, car ce soir nous avons pu leur apporter un ballon. Il est émouvant de voir ces jeunes hommes retrouver pour quelques instants une certaine joie et de les entendre rire. Parmi les militaires présents, il y a deux jeunes qui ont a peu près le même âge qu’eux et on a presque l’impression qu’ils ne refuseraient pas d’échanger quelques balles avec eux !


Voici le compte rendu de Shara publié sur le site de la cagnotte de GoFundMe


Last night we were in Ventimiglia for the first of two « maraudes » in May.

They waited agitatedly in line, hungry ! One of them said to me « It’s ok for you, you will have eaten already. But I am hungry – I just want some food. » he was impatient as we set up the tables and unloaded the vans.

But soon he had his bowl of hot food in one hand, a food bag in the other, some socks stuffed into a pocket and finally, a smile on his face.

There seems to be many new arrivals, predominantly Afghan, keen to have fresh socks and underwear, a poncho for the rain and plenty of toiletries to use over the next week or so.

And then just as things were coming to an end and groups of people were drifting off to find somewhere for the night, a charming Gambian appeared. We had been worried as we had not seen him at the last two maraudes. He came over with a big smile.

«  I have been in Milan for an interview «  he said. I asked how it had gone . He speaks slowly and carefully in good English « It went well, I have been granted asylum in Italy ». He looked worn out; relieved but exhausted.

I cannot imagine what that stress must be like – your future is decided in that hour long interview. Thankfully the outcome was positive – he still has many hoops to jump through but he is on the right track!

A happy ending to our maraude last night Thank you for taking the time to read this


Lignes mobiles

Lignes mobiles, des histoires qui franchissent les frontières : nous vous invitons vivement à aller sur ce site qui a été crée par notre amie Silvia avec deux autres journalistes indépendants.

Vous y trouverez un documentaire qui retrace le parcours de migrants qui ont accepté de partager leur histoire.

Silvia et ses collègues espèrent qu’il sera utilisé dans les écoles et autres établissements d’enseignement afin d’aider les élèves à se représenter les parcours entrepris par ces personnes en déplacement.



Maraude du 4 avril 2026

Compte rendu de la maraude du 4 avril 2026

Shara, organisatrice de la maraude :

Comme toujours, nous tenons à vous remercier d’avoir pris le temps de déposer vos dons au Mille Club ce week-end : samedi, nous avons pu proposer des biscuits, des fruits et des boîtes de thon en libre-service, en plus du repas chaud et des sacs de provisions.

Trois véhicules lourdement chargés se sont rendus à Vintimille samedi après-midi, où nous avons été accueillis par Gérard Roman, de l’association Cent pour Un – 06, ainsi que par Rosario et Danielle. À notre arrivée, un petit groupe de personnes s’était déjà rassemblé, attendant son repas du soir.

Au début, l’ambiance était un peu agitée, mais les choses se sont rapidement calmées et nous avons pu nourrir une cinquantaine de personnes. Mon fils Oli et moi avions préparé 7 kg de riz, 5 kg de pilons de poulet aux épices, ainsi qu’une sauce shakshuka à base de poivrons, de pois chiches, d’oignons, de tomates, de pommes de terre, de harissa et de cumin pour 70 personnes.

Tout a été distribué, ainsi que les sacs de nourriture préparés le matin à Fayence.

À la fin de la distribution de nourriture, nous avons remis des couvertures, des sacs de couchage, des tentes, du shampoing et du gel douche à l’équipe NNK. Ils les distribueront au cours des prochaines semaines. Ils nous ont dit avoir vu récemment arriver de nouveaux réfugiés soudanais et somaliens qui n’ont absolument rien sur eux et qui ont donc désespérément besoin de literie et de tentes.

Les jeunes bénévoles de No Name Kitchen sont toujours accueillis avec le sourire par les réfugiés : ils se montrent respectueux et bienveillants et font de leur mieux pour traiter les personnes présentes à Vintimille avec humanité. Les conditions sont déplorables ; le racisme et la violence sont une réalité quotidienne et il n’y a absolument aucun soutien pour eux.

Il n’est pas toujours facile de garder son calme face à une personne agitée, mais elles finissent généralement par se calmer. Un réfugié, qui vit à Vintimille depuis quelques années maintenant, semble souffrir d’une forme d’autisme ; il est difficile de le comprendre lorsqu’il parle et il n’aime pas qu’on le touche ; mais si l’on prend le temps d’essayer de comprendre ce qu’il souhaite, il se calme immédiatement. Samedi soir, le problème était qu’il ne voulait pas de sauce shakshuka sur son riz, il voulait une barquette de riz et une autre de sauce. Une fois cela établi, il s’est installé sur les coussins que nous avions disposés au milieu et a englouti plusieurs barquettes de riz et plusieurs barquettes de sauce shakshuka !

Mais au quotidien, il fait partie de ces nombreux individus qui luttent pour survivre dans les rues de Vintimille, sans véritable espoir d’aller de l’avant ni de reculer. Le moins que nous puissions faire, c’est leur offrir un peu d’humanité.

Je vais maintenant laisser la parole aux autres.

Danielle :

Une nouvelle maraude de ce samedi 4 avril 2026, qui nous permet de retrouver certains migrants installés à Vintimille et d’autres nouveaux arrivants, désorientés mais heureux de trouver un repas chaud dans ce nouveau pays.

Nous arrivons sur ce parking sans chaleur, mais eux sont déjà là, attendant avec impatience que nous nous installions afin de commencer la distribution du repas préparé par notre ami Shara et son fils Oliver.

Nous sentons un peu de nervosité de la part de certains, mais nous sommes habitués et commençons au plus vite notre distribution: repas chaud, boissons chaudes, produits sanitaires.

Certains mangent sur place, d’autres emmènent leur repas avec eux, pour aller où … ?

Gérard W. :

Des fois on a envie …. d’expliquer aux gens que les migrants qui arrivent à nos frontières n’ont pas forcément le choix de quitter leurs familles et leurs racines. Lors de la dernière maraude nous avons constaté l’arrivée de soudanais. Oui, ils ont fuit la violence, la famine, la guerre qui a provoqué le déplacement de millions de personnes.

Beaucoup de jeunes fuient seuls pour survivre. Ils sont bloqués à Vintimille en attendant de pouvoir passer en France.

  • Conditions difficiles: vie dans la rue, campements précaires, peu d’accès aux soins ou à l’accompagnement.
  • Forte vulnérabilité: exploitation, violence, détresse psychologique. L’alcool peut devenir un moyen de “tenir” face à la souffrance.

Soyons compréhensifs car le chemin qu’ils ont emprunté est plein d’embûches.

Christiane :

Arrivés en dernier en camion avec Gérard et Clarisse, nous assistons à des échauffourées avec 2 hommes en état d’ébriété dans une file déjà bien en place et insensible apparement à ce mouvement, sous l’oeil d’une demie douzaine de Carabinieri, assez proches pour une fois et bien armés.

Mais tout se passe bien, comme dans la plupart des cas, avec une organisation menée sans accroc par toute l’équipe. Le plat savoureux qu’ont préparé Shara et son Oliver a été très apprécié et pas de rab ce soir!

Un jeune, très jeune Somalien reste avec nous et nous raconte son parcours chaotique; sans doute est-il content de partager sa vie et d’avoir en retour compréhension, bienveillance et sourires : bon courage à lui !

Nous rentrons bien au chaud vers notre “chez nous” non sans avoir fait une halte auprès des gendarmes, pendant que nos amis de tous horizons s’éparpillent rapidement et vont se réfugier ….où ?…..où ils peuvent et où ils ne seront pas trop importunés, jusqu’au lendemain où la misère, la tristesse, parfois le désespoir et l’attente reprendrons le dessus.

“Etre né quelque part, pour celui qui est né, c’est toujours un hasard” (M.L.F.)

Françoise :

“Sorry, I am not a doctor…” Une phrase répetée au moins dix fois ce samedi soir, en essayant d’apporter un peu de soulagement lors de cette nouvelle maraude. Maux de tête, douleurs dentaires, ventre noué…Visages et mains abimés, séches, marqués ….

Et cette main, encore gonflée après une bagarre,,,,

Autant de souffrances visibles et invisibles, qui auraient toutes mérité le regard et les soins d’une infirmière ou d’un médecin. Claude, tu nous as manqué ce samedi soir, ainsi que nos infirmières et kinés !

Alors on fait comme on peut, avec peu, mais avec attention. On les informe qu’ils trouveront des soins appropriés à la Caritas ou chez Médecins du Monde en semaine. En attendant la boite de pharmacie, une fois de plus, a été précieuse.

Merci à ceux qui, en amont, la financent, la préparent et la gèrent avec autant de soin. Parce que sur place, les soirs de maraude, tout à vraiment son importance. Nous en sommes tous témoins.

Oliver :

Ils étaient une petite cinquantaine et malgré un début un peu tendu la distribution s’est globalement déroulée dans le calme. Avec Wassim, nous leur avons servi thé et café avec plusieurs migrants qui sont revenus se servir deux, trois voire quatre fois, certains dans le silence, d’autres en nous adressant des sourire et des merci en italien, français ou en anglais.

Tout ceci malgré la galère évidente dans laquelle ils se trouvent. Certains arrivent tout de même à rigoler, on partage des petites blagues entre nous ou simplement des sourires. Seuls quelques-uns restent pour échanger deux trois mots alors que les autres partent en petits groupes.

Un jeune homme me dit avec un gros sourire qu’il partira en Allemagne, alors qu’un autre en revient, me disant que la situation n’est pas bonne là-bas, surtout à cause du climat politique. C’est difficile d’imaginer que la situation ici à la frontière pourrait être meilleure.

Bernard :

Ce samedi, je suis au poste de rechargement des téléphones, en compagnie de Gérard R. qui est venu nous rejoindre de Nice à Vintimille. Roman est un militant de l’association Cent pour Un – 06, que nous aidons ponctuellement, et il est lui même maraudeur à Nice. Il a souhaité venir avec nous pour découvrir sur le terrain notre action.

Dans la soirée, nous avons rechargé sept ou huit téléphones, et donné quelques câbles et deux anciens chargeurs, dont un à un migrant ayant perdu son bras lors de sa traversée de la Lybie.

Chaque petit don provoque leur joie, simple, spontanée et émouvante.

Cela fait plusieurs semaines que j’ai remarqué Karim, car il se tient toujours un peu en retrait lorsqu’il vient faire recharger son téléphone. Solitaire, grand et mince, il me semblait jusqu’alors très timide, voir presque mutique. Je sais maintenant que cette réserve n’est que l’expression de sa très grande dignité.

Ce soir, nous parvenons à engager la conversation, qui va durer longtemps. Il m’explique que cela fera bientôt trois ans qu’il est arrivé en Europe, et qu’après deux ans passés en France, il est venu en Italie en espérant pouvoir y obtenir plus facilement « les papiers ». Il séjourne depuis 5 mois à Vintimille et cela fait déjà 3 mois qu’il a déposé sa demande auprès des autorités. Et depuis, il attend… Il attend un SMS qui doit arriver sur son téléphone pour lui signaler qu’il doit s’y présenter pour savoir ce qu’il advient de sa demande.

Il me raconte sa vie à Vintimille, dans l’attente là aussi chaque jour de l’appel d’un éventuel employeur qui lui proposera quelques heures de travail. Il faut développer son réseau, m’explique-t-il, comme partout ailleurs, pour trouver du travail. Il remercie la Caritas, qui lui permet d’avoir un repas chaque midi, et surtout de pouvoir accéder de temps en temps aux douches, ainsi que toutes les autres associations qui distribuent sur le parking le repas du soir.

Lorsque je lui demande s’il s’attendait à ce que son séjour soit si difficile, il me répond par la négative. Il pensait que cela serait simple, qu’il lui suffirait de trouver un travail pour commencer ici une nouvelle vie.

Nous parlons de la situation internationale, de la guerre en cours au Moyen-Orient, et du nouveau règlement Européen sur les procédures d’asile qui vient d’être adopté. Il suit manifestement l’actualité et se tient informé. Il me fait part de sa crainte concernant ce nouveau règlement, susceptible de le conduire dans un camp de rétention, en Albanie ou ailleurs. Il considère que cela est vraiment injuste d’enfermer les gens, surtout lorsqu’ils n’ont, comme lui, commis aucun délit. 

Si sa demande de régularisation n’aboutit pas, il commence à se dire qu’il finira par retourner en Tunisie, son pays d’origine, car il ne veut pas finir prisonnier.

Alors que je lui fait remarquer qu’il parle vraiment bien notre langue, il me regarde d’un air amusé, et me répond que c’est normal … car sa maman est professeure de français !



Voici le compte rendu de Shara publié sur le site de la cagnotte de GoFundMe


Yesterday, it was our turn to prepare and take a hot meal down to Ventimiglia. The days are longer and the weather is lovely, but a small group of hungry people were already waiting in line when we arrived in Ventimiglia.

We quickly set the tables up and unloaded the cars and van and got ready to start serving the food. A few people helped set things up – they know the format now; the others waited patiently in line for the start of the food distribution.

Within an hour we had fed between 50 and 60 people, several coming round for seconds when there was a lull in the crowd. Tshirts and towels were gratefully received, as were all the toiletries that we had for them.

Somalians and Sudanese, Afghans and Pakistanis, North Africans and Gambians – some we know quite well; some seem to be new arrivals.

Moving on may not be easy for them. There have been increased checks at the border with France and the police on both sides claim to have made many arrests. Who knows if it is in response to the war in the Middle East?

The police presence during the food distribution was also quite impressive; although Oli said that they mostly seemed to be discussing football.

As always we thank you for your support which is greatly appreciated by us and them.

*


Maraude du 7 mars 2026

Compte rendu de la maraude du 7 mars 2026

Merci à tous les bénévoles et sympathisants d’avoir permis, grâce à vos dons et vos actions, que cette maraude ait lieu samedi dernier 7 mars.

Je profite de ce compte rendu pour vous rappeler sans attendre que :

notre prochaine ASSEMBLEE GENERALE aura lieu ce

Samedi 14 mars 2026 – de 16h30 à 18h45

(accueil pour l’émargement à partir de 16h30)

Au Mille Club – Rue Comtesse de Villeneuve – à Fayence

Pensez d’ici là à adhérer ou renouveler votre adhésion à notre association et à payer votre cotisation pour l’année 2026.

Vous trouverez sur le site :

le bulletin d’adhésion 

les modalités de paiement de vos Cotisation et dons.


Et maintenant, voici le compte rendu de notre dernière maraude.

Véronique et Gérard, organisateurs de la maraude :

Samedi 7 mars, trois équipes se sont constituées dès le matin: deux au Mille Clubs, l’une pour collecter vêtements, couvertures, chaussures, une autre pour préparer les sacs de denrées et de produits d’hygiène amenés par les sympathisants; une troisième encore autour de Jean Pierre et Dominique pour cuisiner un bon repas chaud (pâtes, légumes et légumineuses, merguez, pilons de poulet).

La météo fut clémente. Une fois les gros thermos de café et de thé préparés, quatre véhicules chargés à bloc à Tassy ont pris la route vers 16h. Sur le parking habituel de Vintimille, Danielle et Rosario, déjà arrivés avec leur voiture, nous ont accueillis, tous sourires. L’installation fut rapide. Nous étions douze bénévoles.

Nous avons servi, dans une ambiance sereine, 60 repas chauds à environ 50 réfugiés. Les 72 sacs préparés le matin ont été distribués et les denrées supplémentaires que nous emmenons systématiquement ont rendu grand service aux derniers arrivés.

Les bénévoles témoignent :

Bernard :

Ma voiture était chargée ce samedi de vêtements, de chaussures et de nourriture que nous avons remis, dès notre arrivée à Vintimille, aux bénévoles de l’association No Name Kitchen. Notre ami « Whahim », migrant que nous revoyons pratiquement à chaque maraude depuis longtemps, me demande des chaussures. La militante de NNK lui explique de revenir le lendemain, car ils organiseront ce jour là leur distribution de vêtements aux migrants, et il l’accepte sans discuter.

Quelques instants plus tard, Whahim nous demande d’attendre une dizaine de minutes avant de débuter la distribution du repas, afin que celle-ci puisse démarrer à l’heure juste de l’Iftar, qui marquera la rupture du jeûne pour les musulmans.

Au poste de rechargement des téléphones, sept migrants nous ont confié leur appareil. L’un d’entre eux, très timidement, a demandé s’il pouvait avoir un chargeur ; nous avons accédé à sa demande, car il est temps de commencer à renouveler notre matériel, les batteries s’usant si elles ne sont pas utilisées régulièrement. Du coup, nous avons donné également un chargeur à deux autres migrants. Leur joie était grande de les recevoir et leurs remerciements furent émouvants.

Ariane

Lors de la collecte du matin et de la maraude du soir, j’ai été particulièrement touchée par l’ambiance chaleureuse et sincère qui règne au sein de notre association. Nous étions tous très heureux de nous retrouver, de partager un café, un gâteau, un croissant ou même des spécialités rapportées de loin.

Cette chaleur humaine, nous essayons de la transmettre à toutes les personnes présentes sur ce parking à Vintimille : à travers une poignée de main, un sourire, un repas chaud, des sacs remplis de victuailles, un thé ou un café, mais aussi des produits d’hygiène et des vêtements. Tout cela pour leur apporter un peu de dignité, celle qu’ils pourraient perdre en vivant dans la rue.

Ce soir-là, j’étais à la distribution des vêtements. Deux femmes se sont présentées : l’une venait d’Amérique du Sud, l’autre d’Afrique du Nord. Shara avait préparé pour elles une valise de vêtements. Elles ont particulièrement apprécié pouvoir prendre un moment pour elles, à l’arrière d’une voiture. Je leur dépliais les pulls, t-shirts et vestes à leur disposition et les laissais choisir. C’est important de leur laisser cette liberté.

J’ai ressenti la même chose lors de la distribution pour les hommes : ils aiment fouiller et choisir eux-mêmes un vêtement, une écharpe ou des gants. Cela permet de créer un lien, ou au moins de partager un sourire, lorsque je leur dis que cela leur va bien ou que la couleur leur va bien.

Cyprien:

2 ème maraude de l’année pour moi ce 7 mars.

Le samedi matin j’ai participé à la collecte avant de se retrouver à 15h30 pour le départ de la maraude. 

A Vintimille, bonne journée : j’ai changé de poste et je me suis occupé de la distribution des vêtements. Avec une attention particulière sur les caleçons et chaussettes qui étaient limités à un par personne. Les migrants étaient très heureux de trouver des sous vêtements neufs, mais contrairement aux boxers, les slips n’ont pas eu de succès. Peut être devrions nous les refiler à l’ehpad ?😉

Ce poste m’a permis d’avoir un peu plus d’échanges qu’à la distribution de nourriture où les personnes passent plus vite.

La maraude s’est très bien passée dans le calme et la bonne humeur. 

J’apprends peu à peu à connaître l’équipe, tous fort sympathiques, intéressants et engagés.
Pour l’instant je reste encore une petite main, assez éloignée de l’organisme et du bureau.

Je remercie les bénévoles plus investis qui s’occupent du travail indispensable en amont.

Clarisse:

Toujours bluffée par l’organisation des bénévoles : rien ne manque, tout est prévu, tout est anticipé… chapeau aux responsables !

Pour cette maraude, des sacs repas ont été préparés le matin, un repas chaud également avec des pâtes, des merguez… ainsi que des pilons de poulet. 

Le soir tout a été apprécié par la cinquantaine de migrants présents, très majoritairement des hommes comme à l’habitude. 

J’étais au stand de l’hygiène ce samedi pour la distribution, les besoins portaient sur tous les articles proposés mais surtout sur les paquets de mouchoirs en papier. 

Cette maraude était très calme, j’y ai vu de nombreux regards reconnaissants mais également terriblement inquiets.

Danielle :

18 h00……… nous sommes tous arrivés sur le parking de Vintimille, comme prévu. 

Déballage, mise en place du matériel nécessaire pour commencer. Nous commençons immédiatement notre distribution. Tout est bien réglé, organisé comme à chaque fois et aujourd’hui plus que jamais, nos amis de tous les pays, ont faim, très faim……..nous sommes dans le mois du Ramadan, mais tout le monde est calme.

Beaucoup d’habitués, peu de nouveaux. Quelques-uns viennent se servir deux fois du repas chaud en plus du sac de provisions pour le lendemain.

La police est là pour une simple observation.

En fin de distribution un peu de mouvement par de jeunes habitués sous l’emprise de l’alcool ou autre?

Nous commençons à tout remballer, tout le monde s’en va, où ?

Chercher un endroit pour se poser, peut être, dormir devient difficile d’après une nouvelle personne, que moi je ne connaissais pas et qui nous a dit que le maire ne voulait plus personne qui dorme dans la rue…..

…… oui mais où alors !!!!!!!!

Gérard :

Aujourd’hui, ils sont cinquante passagers. Cinquante vies entassées dans une embarcation, cinquante histoires différentes, mais une même direction : fuir, espérer, survivre.

Certains rêvent de partir en Angleterre, d’autres se sédentarisent, squattant des maisons délabrées, vivant de petits boulots.

Et demain ?

Avec le durcissement de la politique migratoire européenne, combien seront-ils ? Moins, parce que les frontières se ferment ? Ou plus, parce que le désespoir pousse toujours à tenter malgré tout ?

Et demain encore, si le conflit au Moyen-Orient se prolonge, assistera-t-on à une nouvelle vague migratoire ?

L’histoire récente montre que les guerres déplacent les peuples. Quand la terre devient invivable, on part, même si la mer est dangereuse, même si l’accueil est incertain.


*


Maraude du 7 février 2026

Maraude du 7 février 2026

Notre prochaine ASSEMBLEE GENERALE aura lieu le :

Samedi 14 mars 2026de 16h30 à 20h00

Au Mille ClubRue Comtesse de Villeneuveà Fayence

Pensez d’ici là à adhérer ou renouveler votre adhésion à notre association et à payer votre cotisation pour l’année 2026.

Vous trouverez sur le site :

le bulletin d’adhésion 

les modalités de paiement de vos Cotisation et dons.


Nous vous invitons à venir à la projection du film documentaire « Tout va bien » le vendredi 27 février à 20h00 à la Maison pour Tous de Montauroux. La projection du film sera suivie d’un échange animé par les membres de notre association. On vous en dira plus très prochainement !


Et maintenant, voici le compte rendu de notre dernière maraude.

Bernard, organisateur de la maraude :

Un grand MERCI pour l’abondance de vos dons ce samedi, qu’il s’agisse des vêtements ou des denrées alimentaires !

Ceux-ci nous ont vraiment fait plaisir et nous ont permis d’augmenter de façon importante les quantités de nourriture que nous mettons dans les sacs de denrées qui sont distribués aux migrants pour leur repas du dimanche midi.

La collecte de vos dons le samedi matin est toujours un moment important pour y rencontrer nos fidèles donateurs et donatrices, et c’est aussi l’occasion d’y recueillir vos témoignages par lesquels vous nous expliquez vos motivations et votre implication dans notre action. Nous avons été content d’y accueillir deux nouveaux bénévoles qui y ont participé pour la première fois. Toutes ces démarches individuelles se conjuguent ainsi pour devenir une action collective.

De même, deux nouveaux bénévoles nous sont venus pour la première fois à Vintimille, où nous a rejoint également Timothé, un jeune étudiant en journalisme, qui est venu pour y découvrir la situation des migrants, dans le cadre de la préparation d’un reportage écrit qu’il prépare sur ce sujet.

Le repas chaud (pâtes, légumes et viande) a été préparé par Eric et son équipe, et il a été très apprécié à Vintimille, où nous y avons distribués une cinquantaine de portions à environ 35 personnes. Plusieurs ont ainsi pu recevoir une double portion, et s’en sont montrés alors très satisfaits.

La météo ce samedi était menaçante et nous avons décidé de monter les barnums pour se protéger de la pluie. Mais finalement celle-ci a été faible et de courte durée, et ces barnums éclairés ont plutôt contribué à créer une ambiance plus conviviale au dispositif de la distribution.

A notre arrivée, Shara a pu donner à nos partenaires de l’association No Name Kitchen un important chargement de vêtements. D’autres ont également été distribués directement aux migrants, de même que des produits d’hygiène.

Quelques téléphones ont également pu être rechargés, et notre infirmière a prodigué une dizaine de soins.

Estelle :

Première maraude pour moi. Après des mois à participer aux collectes du samedi matin, je saute le pas et demande à participer à la maraude du soir. J’ai pu constater avec quelle organisation tout se met en place une fois à Vintimille malgré la pluie et la pénombre. Une véritable chorégraphie répétée chaque mois depuis des années. Les tables et les chaises s’installent sous les chapiteaux et les spots éclairent. Puis la distribution commence chacun à son poste, chacun sa tâche. Je n’ai qu’à suivre les instructions de ceux qui mènent cette mission depuis des mois et même des années.

L’heure du départ sonne nous essayons de laisser propre derrière nous. Nous remontons dans nos voitures confortables mais nous sommes arrêtés par un homme qui tente sa chance et nous demande de le prendre pour qu’il puisse traverser la frontière. Nous lui expliquons que c’est impossible, il accepte notre « non » et nous rentrons dans notre pays, chez nous au chaud, nous qui avons tant de chance. 

Il est certain que je retournerai à Vintimille même si je souhaite qu’un jour notre mission n’ait plus à exister. Merci.

 Bernard :

Lorsque nous partons, je suis frappé par la présence d’un seul homme, debout au milieu du parking, qui nous salue : que pense-t-il à ce moment là, en nous voyant nous éloigner ? Puis, soudain, alors que nous franchissons le porche du parking, deux hommes s’agrippent à notre véhicule, en faisant de grand gestes. Ils nous font comprendre qu’ils ont tout perdu à cause des pluies et qu’ils sont affamés. Heureusement, Félix et son camion sont juste derrière nous, et nous pouvons ainsi leur donner quelques conserves et du lait. Le plus grand, un très jeune marocain, semble totalement désespéré. On se donne l’accolade, nos mains se joignent, il pleure entre mes bras. Il parvient à me faire comprendre que son papa est mort voici six jours. Nos doigts s’entrecroisent. Quelques murmures, « courage à toi » … Le second, indien ou pakistanais, beaucoup plus âgé, est depuis longtemps déjà à Vintimille. Ses propos sont parfois virulents, il n’est pas toujours facile de le comprendre. Mais ce soir, on se salue mutuellement, mains jointes, avec respect. J’espère qu’il va prendre sous son aile ce jeune marocain, à moins que cela soit l’inverse. Et puis il faut partir, les laisser …


Voici le compte rendu de Shara publié sur le site de la cagnotte de GoFundMe


On a rather wet and cold Saturday we headed to Ventimiglia, unsure as to how many people would come for supper. If they have managed to find somewhere warm and dry, they would rather stay there, then head out into the rain for a meal. But the rain became a drizzle and about 40 people turned up for hot food and hot drinks.

They were thrilled that we had the tents up to shelter them as they stood in line, getting a food bag first, with milk, bread, hard boiled eggs, tuna, fruit and water; then on to get the hot food; and then toiletries, new socks (essential when your feet are wet and cold), gloves and boxer shorts. With their hands full they disappeared into the night to try to keep everything dry until the morning. A few of them asked for tents, which we unfortunately did not have with us – I was shown photos of themselves hunched under plastic, which barely kept the rain off.

I will go back down to Ventimiglia on Saturday and give another NGO some tents so that there is a small supply for the rainy days to come. At times like this, the urgent need for accommodation and basic services for the refugees, becomes blindingly apparent. All we can do is provide tents and hope that they are not destroyed by the authorities!

Thank you for all your support


*


Maraude du 10 janvier 2026

Maraude du 10 janvier 2026

Meilleurs voeux pour 2026 !

 En ce début d’année, nous vous invitons à adhérer ou renouveler votre adhésion à notre association et à payer votre cotisation pour l’année 2026.

Vous trouverez sur le site le bulletin d’adhésion et les modalités de paiement de vos Cotisation et dons.


Notre prochaine ASSEMBLEE GENERALE aura lieu le :

Samedi 14 mars 2026de 16h30 à 20h

Au Mille ClubRue Comtesse de VilleneuveA Fayence


Et maintenant, voici le compte rendu de notre dernière maraude.

Véronique :

Samedi 10 janvier s’est déroulée la seconde maraude de l’année 2026, organisée cette fois par Shara.

Après une collecte fructueuse le matin (merci à vous toutes et tous!), trois véhicules sont partis l’après-midi, remplis de nourritures (repas chauds du soir préparés au domicile de Jean -Pierre et Dominique pour 60 personnes, 100 sacs des denrées pour le lendemain midi et soir), produits d’hygiène, vêtements, couvertures et duvets pour Vintimille.

Danielle et Rosario nous ont rejoints sur le parking. Nous étions cette fois- ci 13 bénévoles dont, pour la première fois, Wassim, jeune étudiant en BTS.

A notre arrivée peu avant 18h, les policiers nous ont demandé de nous garer au fond du parking, contrairement à l’habitude. Nous n’en n’avons pas compris la raison, sauf sans doute d’être moins visibles depuis la route. A leur demande, Shara, leur a montré sa carte d’identité et le nom de notre association.

La nuit déjà tombée, nous avons installé tables, rubalises, et lumières pour nous éclairer. Le vent n’était pas si fort qu’à Fayence et alentours mais il faisait très froid. Une cinquantaine de réfugiés nous attendait et nous nous demandions où chacun d’entre eux allait trouver un abri pour la nuit.

Une fois n’est pas coutume, j’étais avec Shara préposée à la distribution de vêtements: boxers dont j’essayais d’adapter la taille en fonction de la corpulence des réfugiés, chaussettes, bonnets, gants, écharpes, snoods. Beaucoup de succès pour ces pièces indispensables en ces temps particulièrement froids. Je ne quittais pas des yeux les caisses afin d’être sûre que tous seraient convenablement servis.

Shara avait prévu deux sacs complets de vêtements pour femmes, dédiés notamment à la famille du Maghreb composée de trois générations grand-mère, mère et deux très jeunes ados que nous retrouvons à chaque fois, depuis environ un an maintenant.

Shara s’est éclipsée un temps pour soigner un réfugié à l’arrière plus discret. Les boîtes de premier secours prévues pour soigner blessures, douleurs, contusions, s’avèrent toujours utiles, même en l’absence de nos professionnels soignants.

Une fois les repas avalés, et les premières distributions effectuées, nous avons ouvert le coffre de notre voiture dans laquelle avaient été stockées à ras bord les couvertures. Celles-ci sont toutes parties en quelques minutes, remparts sommaires contre le froid. Et nos amis d’un soir sont retournés ensuite chargés de leurs trésors vers leurs abris précaires…

Prêts à partir, les installations repliées et rangées à nouveau dans les véhicules, voilà que deux jeunes hommes arrivent, dépités d’avoir raté la distribution. Par bonheur Shara avait gardé deux sacs de denrées pour le cas où. Quelle bonne idée qui a permis à ces deux jeunes gens de ne pas rester le ventre vide! (Véronique)

Cyprien :

Seconde maraude pour moi, beaucoup plus calme que la première..

La journée commence par de la cuisine chez Jean Pierre et Dominique. Nous cuisinons sous le vent qui s’amuse à éteindre nos flammes.

Mais, entre 2 bourrasques nous arrivons à préparer une énorme gamelle de pâtes avec une sauce tomate/légumes/merguez, accompagnés de pilons de poulet et, bien sûr de la harissa!!

Ensuite rdv à 15h15 pour charger les véhicules du repas du soir, mais aussi de vêtements, couverture, sacs, produits d’hygiène…

Je découvre de nouvelles têtes depuis la dernière fois et me rend compte qu’il y a assez d’effectifs dans cette association pour que tout ne repose pas sur une personne (enfin je crois).

Une fois arrivé tout va très vite et c’est une petite danse, sûrement observée par quelque oiseau incrédule à tendance ethnologique qui se demande le sens de ce ballet.

Mise en place des tables et des vivres, pendant que les bénéficiaires se mettent en file.

Et puis distribution de nourriture, on ne sait plus trop quelle langue parler dans cette tour de Babel inversée. En échange de notre présence, quelques sourires et remerciements nous sont donnés.

Nous ne pouvons pas apporter de confort, mais nous apportons un peu de chaleur sous ses différentes formes : humaine, nourriture fumante, et tissus.

À la fin tout le monde se disperse, les ventres pleins vont se reposer quelques part, la voiture des policiers redémarre, l’oiseau s’en va avec ses notes sous le bras, et nous remballons notre barda.

Jean-François :

Samedi 10 janvier, une nouvelle maraude commence. À Fayence, le vent souffle fort. Qu’en sera-t-il à Vintimille ?

À 15h30, nous chargeons les quatre voitures : le plat principal, une centaine de sacs pour le petit-déjeuner et le déjeuner du dimanche, des caisses de produits d’hygiène (déodorants, brosses à dents, savon, caleçons, chaussettes…), ainsi que des vêtements chauds et des couvertures. Les véhicules sont bien remplis et transportent aussi un peu d’espoir.

Nous arrivons à Vintimille à 18h. Il fait déjà nuit, mais bonne surprise : il n’y a pas de vent. L’installation se déroule sans difficulté, chacun sait quoi faire. Rapidement, une file d’une trentaine de personnes se forme pour attendre un repas chaud.

Le stand de recharge des téléphones est très apprécié. Une douzaine de personnes nous confient leur téléphone le temps du repas, afin de pouvoir rester en contact pendant la nuit.

Le repas chaud rencontre un grand succès — merci aux cuisiniers ! Tout est distribué. Les couvertures et les pulls sont également les bienvenus, car les températures baissent rapidement à cette période de l’année dès la tombée de la nuit.

Peu à peu, le parking se vide. Les jeunes repartent par petits groupes de deux ou trois. Où vont-ils dormir ?

Nous rangeons le matériel et reprenons la route, déjà de retour vers nos maisons chauffées.

Clarisse :

Le matin, tout le monde s’active sous la supervision souriante et bienveillante de Shara : certains préparent le plat chaud, d’autres trient et rangent les textiles donnés, d’autres encore dont je fais partie préparent les sacs à distribuer : une petite bouteille d’eau, une petite bouteille de lait, une conserve de poisson, des dattes, des biscuits, des bonbons, du fromage, du pain, un œuf dur, des fruits… Ce jour, des friandises sont ajoutées pour mettre un peu de gaieté dans les sacs.

Voitures chargées, très très chargées vers 15h45, cette logistique m’impressionne toujours autant. Gérard et Véronique ont la gentillesse de m’emmener, j’apprécie cet accueil ainsi que les discussions très intéressantes que nous avons eues, tant à l’aller qu’au retour.

Sur la route, il est de tradition de faire une pause sur la dernière aire d’autoroute avant l’Italie, l’aire de la Riviera Française, remarquable par sa vue magnifique sur Monaco…avant de repartir direction Vintimille.

Arrivée vers 18h sur le parking habituel, la police italienne a demandé, cette fois-ci, de s’installer tout au fond du parking, j’en ignore les raisons… Pas de problème, installation au top cette fois encore, rapide, efficace, rodée…

Une cinquante de migrants très calmes attendaient déjà, ils ont apprécié le plat chaud, certains sont repassés plusieurs fois je crois, de nombreux aliments « en plus » dont ils pouvaient se servir ont été très appréciés : des œufs, des chocolats, des fruits…

Avec Ariane, extrêmement sympathique, nous avons distribué les produits d’hygiène : gel lavant, brosse à dent, dentifrice, rasoir, mousse à raser. 

Les vêtements chauds ont eu un grand succès, ce qui est bien compréhensible par ce froid. 

Cette maraude a été beaucoup plus calme que la première à laquelle j’avais participé, c’était en octobre 2025. Ce jour, les migrants étaient très calmes, mis à part quelques-uns visiblement alcoolisés, ils étaient patients, habitués des maraudes, depuis longtemps pour certains, probablement trop longtemps. En espérant leur avoir apporté un peu de chaleur dans une existence tellement difficile.

Rosario :

Une maraude calme comme on aime, où on a pu discuter avec nos amis réfugiés et avec une distribution qui s’est passée tranquillement sans bousculade.

Pour les vêtements, à mon avis avec la rigueur de l’hiver, ils sont  plus importants pour eux que la nourriture, surtout pour les couvertures.


Quelques habitués, la famille de la jeune marocaine avec la maman et ses deux filles présentes chaque fois, et nos deux sympathiques jeunes, souvent alcoolisés mais cette fois sobres ou presque.


Le repas préparé par JP a été bien apprécié, surtout les pilons de poulets grillés.

La présence des forces de l’ordre est discrète. Arrivés avec Danielle en avance, le fonctionnaire de la police nous a fait ‘gentiment’ part de leur ‘souhait’ de nous positionner au fond du parking, pour ‘notre sécurité et celle des migrants’ et parce que il y a un éclairage plus important 🤔.

Je pense qu’il faudrait faire le plan en fonction car ils vont nous l’imposer, ‘gentiment’ à chaque maraude.

Et Wassim, notre nouveau maraudeur !

J’étais au stand des boissons chaudes, et pas mal de personnes se sont arrêtées pour discuter. Les échanges étaient super intéressants, c’était très humain et vraiment enrichissant.

L’ambiance était top, bienveillante, et l’organisation était claire et efficace. Franchement, ça m’a fait du bien de participer et ça m’a donné envie de recommencer.

Merci pour tout, et à bientôt j’espère !



Voici le compte rendu de Shara publié sur le site de la cagnotte de GoFundMe


Wishing you all a happy and healthy 2026!

We started the year with the first « maraude » of the year; we cooked a spicy vegetable curry and plenty of rice and a small group of us served up lunch to about 40 people on a windy 1st of January in Ventimiglia.

Our second « maraude » was on Saturday, 13th January, and this time we organised our day in a more habitual fashion; food and clothing collection in the morning in Fayence and a delicious meal prepared by Jean-Pierre, Dominique and Cyprien. Then we loaded our vehicles up to the brim and headed off to Italy. When we arrived there, the police asked us to set up on the far side of the car park, away from the road; apparently for security reasons and because the lighting is better…..A few people were already waiting for us, and more importantly, the promise of a hot meal! Although it was not as windy as in the Var, the damp air from the Roya river settled over us all and we could sense that people were eager to eat while the food was hot. Delicious grilled chicken and spicy pasta did the trick – all the food went, with several people returning for seconds…

The scarves, gloves, warm socks and hats were gratefully received – as were the blankets that we had brought down with us. Many stayed to chat a while – we are known to those of them who are waiting for their paperwork to come through, stuck in limbo in Ventimiglia, unable to move forward or backwards until they have received refugee status. Impossible to find out where they stay at night; some say that they sleep on the beach, others have found ruined buildings to shelter in at night time; there is no formal accommodation for these people. So the blankets and sleeping bags that we offer them are essential; we will receive some tents soon and will pass those on too. Every little helps and we will continue to do what we can – with a wonderful support network of volunteers and members; from sourcing clothing, to cooking food, or finding medical supplies, helping out with all the sorting and packing, donating time and energy to make sure that we can continue to offer a little bit of comfort and kindness to those who have left their homes and families behind.

Thank you to all of you!

*


Maraude du 1° janvier 2026

Maraude du 1° janvier 2026

Nous sommes partis en milieu de matinée et à notre arrivée une quinzaine de migrants étaient présents sur le parking de Vintimille. Nous y avons rapidement installé les tables pour pouvoir distribuer l’excellent Dahl préparé par Shara. D’autres migrants sont ensuite arrivés, et nous avons finalement distribués une cinquantaine de repas chauds à environ 35 personnes.

Bernard :

En partant pour Vintimille, je me demandais s’il me serait possible de souhaiter une « bonne année » aux migrants de Vintimille, car cela me paraissait déplacé, voire incongru … Et bien oui, cela l’a été, et ce sont même eux qui ont commencé à nous la souhaiter ! Plusieurs nationalités sont présentes : mali, côte d’ivoire, guinée konakry, albanie … Comme nous étions peu nombreux, il a été plus facile de discuter avec chacun, dans une ambiance presque chaleureuse malgré le vent et le froid. Un jeune malien, parti depuis 2019, m’a expliqué qu’il était parti à la recherche d’une autre vie, à cause de la guerre et des attaques de leur village par les terroristes, l’armée n’étant pas en mesure de les protéger. Puis il enchaîne sur la météo actuelle dans son pays, celle de Vintimille et de Paris sous la neige ! Avant de nous décrire les récoltes qui y sont à ce jour terminées.

*