Compte rendu de la maraude du 10 janvier 2026

Meilleurs voeux pour 2026 !

 En ce début d’année, nous vous invitons à adhérer ou renouveler votre adhésion à notre association et à payer votre cotisation pour l’année 2026.

Vous trouverez sur le site le bulletin d’adhésion et les modalités de paiement de vos Cotisation et dons.

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Notre prochaine ASSEMBLEE GENERALE aura lieu le :

Samedi 14 mars 2026

De 16h30 à 20h

Au Mille ClubRue Comtesse de VilleneuveFayence

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Et maintenant, voici le compte rendu de notre dernière maraude.

Véronique :

Samedi 10 janvier s’est déroulée la seconde maraude de l’année 2026, organisée cette fois par Shara.

Après une collecte fructueuse le matin (merci à vous toutes et tous!), trois véhicules sont partis l’après-midi, remplis de nourritures (repas chauds du soir préparés au domicile de Jean -Pierre et Dominique pour 60 personnes, 100 sacs des denrées pour le lendemain midi et soir), produits d’hygiène, vêtements, couvertures et duvets pour Vintimille.

Danielle et Rosario nous ont rejoints sur le parking. Nous étions cette fois- ci 13 bénévoles dont, pour la première fois, Wassim, jeune étudiant en BTS.

A notre arrivée peu avant 18h, les policiers nous ont demandé de nous garer au fond du parking, contrairement à l’habitude. Nous n’en n’avons pas compris la raison, sauf sans doute d’être moins visibles depuis la route. A leur demande, Shara, leur a montré sa carte d’identité et le nom de notre association.

La nuit déjà tombée, nous avons installé tables, rubalises, et lumières pour nous éclairer. Le vent n’était pas si fort qu’à Fayence et alentours mais il faisait très froid. Une cinquantaine de réfugiés nous attendait et nous nous demandions où chacun d’entre eux allait trouver un abri pour la nuit.

Une fois n’est pas coutume, j’étais avec Shara préposée à la distribution de vêtements: boxers dont j’essayais d’adapter la taille en fonction de la corpulence des réfugiés, chaussettes, bonnets, gants, écharpes, snoods. Beaucoup de succès pour ces pièces indispensables en ces temps particulièrement froids. Je ne quittais pas des yeux les caisses afin d’être sûre que tous seraient convenablement servis.

Shara avait prévu deux sacs complets de vêtements pour femmes, dédiés notamment à la famille du Maghreb composée de trois générations grand-mère, mère et deux très jeunes ados que nous retrouvons à chaque fois, depuis environ un an maintenant.

Shara s’est éclipsée un temps pour soigner un réfugié à l’arrière plus discret. Les boîtes de premier secours prévues pour soigner blessures, douleurs, contusions, s’avèrent toujours utiles, même en l’absence de nos professionnels soignants.

Une fois les repas avalés, et les premières distributions effectuées, nous avons ouvert le coffre de notre voiture dans laquelle avaient été stockées à ras bord les couvertures. Celles-ci sont toutes parties en quelques minutes, remparts sommaires contre le froid. Et nos amis d’un soir sont retournés ensuite chargés de leurs trésors vers leurs abris précaires…

Prêts à partir, les installations repliées et rangées à nouveau dans les véhicules, voilà que deux jeunes hommes arrivent, dépités d’avoir raté la distribution. Par bonheur Shara avait gardé deux sacs de denrées pour le cas où. Quelle bonne idée qui a permis à ces deux jeunes gens de ne pas rester le ventre vide! (Véronique)

Cyprien :

Seconde maraude pour moi, beaucoup plus calme que la première..

La journée commence par de la cuisine chez Jean Pierre et Dominique. Nous cuisinons sous le vent qui s’amuse à éteindre nos flammes.

Mais, entre 2 bourrasques nous arrivons à préparer une énorme gamelle de pâtes avec une sauce tomate/légumes/merguez, accompagnés de pilons de poulet et, bien sûr de la harissa!!

Ensuite rdv à 15h15 pour charger les véhicules du repas du soir, mais aussi de vêtements, couverture, sacs, produits d’hygiène…

Je découvre de nouvelles têtes depuis la dernière fois et me rend compte qu’il y a assez d’effectifs dans cette association pour que tout ne repose pas sur une personne (enfin je crois).

Une fois arrivé tout va très vite et c’est une petite danse, sûrement observée par quelque oiseau incrédule à tendance ethnologique qui se demande le sens de ce ballet.

Mise en place des tables et des vivres, pendant que les bénéficiaires se mettent en file.

Et puis distribution de nourriture, on ne sait plus trop quelle langue parler dans cette tour de Babel inversée. En échange de notre présence, quelques sourires et remerciements nous sont donnés.

Nous ne pouvons pas apporter de confort, mais nous apportons un peu de chaleur sous ses différentes formes : humaine, nourriture fumante, et tissus.

À la fin tout le monde se disperse, les ventres pleins vont se reposer quelques part, la voiture des policiers redémarre, l’oiseau s’en va avec ses notes sous le bras, et nous remballons notre barda.

Jean-François :

Samedi 10 janvier, une nouvelle maraude commence. À Fayence, le vent souffle fort. Qu’en sera-t-il à Vintimille ?

À 15h30, nous chargeons les quatre voitures : le plat principal, une centaine de sacs pour le petit-déjeuner et le déjeuner du dimanche, des caisses de produits d’hygiène (déodorants, brosses à dents, savon, caleçons, chaussettes…), ainsi que des vêtements chauds et des couvertures. Les véhicules sont bien remplis et transportent aussi un peu d’espoir.

Nous arrivons à Vintimille à 18h. Il fait déjà nuit, mais bonne surprise : il n’y a pas de vent. L’installation se déroule sans difficulté, chacun sait quoi faire. Rapidement, une file d’une trentaine de personnes se forme pour attendre un repas chaud.

Le stand de recharge des téléphones est très apprécié. Une douzaine de personnes nous confient leur téléphone le temps du repas, afin de pouvoir rester en contact pendant la nuit.

Le repas chaud rencontre un grand succès — merci aux cuisiniers ! Tout est distribué. Les couvertures et les pulls sont également les bienvenus, car les températures baissent rapidement à cette période de l’année dès la tombée de la nuit.

Peu à peu, le parking se vide. Les jeunes repartent par petits groupes de deux ou trois. Où vont-ils dormir ?

Nous rangeons le matériel et reprenons la route, déjà de retour vers nos maisons chauffées.

Clarisse :

Le matin, tout le monde s’active sous la supervision souriante et bienveillante de Shara : certains préparent le plat chaud, d’autres trient et rangent les textiles donnés, d’autres encore dont je fais partie préparent les sacs à distribuer : une petite bouteille d’eau, une petite bouteille de lait, une conserve de poisson, des dattes, des biscuits, des bonbons, du fromage, du pain, un œuf dur, des fruits… Ce jour, des friandises sont ajoutées pour mettre un peu de gaieté dans les sacs.

Voitures chargées, très très chargées vers 15h45, cette logistique m’impressionne toujours autant. Gérard et Véronique ont la gentillesse de m’emmener, j’apprécie cet accueil ainsi que les discussions très intéressantes que nous avons eues, tant à l’aller qu’au retour.

Sur la route, il est de tradition de faire une pause sur la dernière aire d’autoroute avant l’Italie, l’aire de la Riviera Française, remarquable par sa vue magnifique sur Monaco…avant de repartir direction Vintimille.

Arrivée vers 18h sur le parking habituel, la police italienne a demandé, cette fois-ci, de s’installer tout au fond du parking, j’en ignore les raisons… Pas de problème, installation au top cette fois encore, rapide, efficace, rodée…

Une cinquante de migrants très calmes attendaient déjà, ils ont apprécié le plat chaud, certains sont repassés plusieurs fois je crois, de nombreux aliments « en plus » dont ils pouvaient se servir ont été très appréciés : des œufs, des chocolats, des fruits…

Avec Ariane, extrêmement sympathique, nous avons distribué les produits d’hygiène : gel lavant, brosse à dent, dentifrice, rasoir, mousse à raser. 

Les vêtements chauds ont eu un grand succès, ce qui est bien compréhensible par ce froid. 

Cette maraude a été beaucoup plus calme que la première à laquelle j’avais participé, c’était en octobre 2025. Ce jour, les migrants étaient très calmes, mis à part quelques-uns visiblement alcoolisés, ils étaient patients, habitués des maraudes, depuis longtemps pour certains, probablement trop longtemps. En espérant leur avoir apporté un peu de chaleur dans une existence tellement difficile.

Rosario :

Une maraude calme comme on aime, où on a pu discuter avec nos amis réfugiés et avec une distribution qui s’est passée tranquillement sans bousculade.

Pour les vêtements, à mon avis avec la rigueur de l’hiver, ils sont  plus importants pour eux que la nourriture, surtout pour les couvertures.


Quelques habitués, la famille de la jeune marocaine avec la maman et ses deux filles présentes chaque fois, et nos deux sympathiques jeunes, souvent alcoolisés mais cette fois sobres ou presque.


Le repas préparé par JP a été bien apprécié, surtout les pilons de poulets grillés.

La présence des forces de l’ordre est discrète. Arrivés avec Danielle en avance, le fonctionnaire de la police nous a fait ‘gentiment’ part de leur ‘souhait’ de nous positionner au fond du parking, pour ‘notre sécurité et celle des migrants’ et parce que il y a un éclairage plus important.

Je pense qu’il faudrait faire le plan en fonction car ils vont nous l’imposer, ‘gentiment’ à chaque maraude.

Et Wassim, notre nouveau maraudeur !

J’étais au stand des boissons chaudes, et pas mal de personnes se sont arrêtées pour discuter. Les échanges étaient super intéressants, c’était très humain et vraiment enrichissant.

L’ambiance était top, bienveillante, et l’organisation était claire et efficace. Franchement, ça m’a fait du bien de participer et ça m’a donné envie de recommencer.

Merci pour tout, et à bientôt j’espère !