Bonjour à toutes et à tous
Bernard, organisateur de la maraude :
Ces dernières semaines on été bien remplies, avec la veillée poésie du 29 novembre où nous avons découvert l’émouvant poème de Denis intitulé MIGRANTS, avec la présentation par Mohamed Koné et Siriki Traore de leur spectacle « 50 » le 14 novembre dans le cadre du festival Bagiliba, ou encore avec notre participation à la journée du 6 décembre à la frontière de Vintimille à l’occasion des 10 ans du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures.
Alors, à l’issue de cette année 2025, nous vous souhaitons une excellente année solidaire pour 2026, et nous tenons à remercier tous nos donateurs, bénévoles et partenaires qui nous ont permis d’organiser nos maraudes mensuelles à Vintimille.
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Pour cette dernière maraude 2025, nous avons eu une sacrée collecte, tant vos dons ont été exceptionnels !
Nous remercions tout particulièrement Myriam Robbe, de Saint-Paul en Forêt, pour ses importants dons de vêtements, et Sylvie Dulau qui nous a remis l’intégralité des dons de nourriture, de vêtements, de médicaments … récoltés lors d’une collecte qu’elle a organisée auprès des habitants du quartier des Estérets du lac à Montauroux !





Une partie de ces dons, vêtements pour enfants et médicaments, va pouvoir être remise très prochainement à notre partenaire de Cogolin qui les fera acheminer vers l’Ukraine.
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Nous sommes donc partis pour Vintimille avec trois véhicules vraiment très chargés ! A notre arrivée à Vintimille, il n’y avait pas cette fois-ci de présence policière importante.
Nous avons distribué une soixantaine de sacs de victuailles et le repas chaud à environ 45 migrants.
Ceux-ci ont vivement remercié les « cuistots » pour la saveur de ce repas (viande d’agneau, merguez, oignons, légumes … ) préparé par Eric et son équipe et le fait d’avoir un peu plus de viande que d’habitude!





L’abondance de vêtements a permis de satisfaire tous les migrants qui ont eu véritablement la possibilité de choisir ceux qui leur convenaient le mieux.
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Félix :
A notre arrivée, ils sont une quarantaine à attendre patiemment dans la nuit du parking du cimetière. Des exilés de toutes les terres, Asie, Afrique de l’Est et de l’Ouest, Maghreb, Amérique du Sud, Europe.
Ce soir, au début de la file d’attente, il y a une européenne longiligne presque sapée. On ne sait pas ce qu’elle fait là, on ne le saura jamais. Les hommes la laissent passer avec une certaine courtoisie, elle avance, furtive, mutique, vers la gamelle odorante puis elle disparait.
Je ne peux imaginer la lourdeur du fardeau sur les épaules de chacune, de chacun, pour que notre modeste présence puisse être réconfort, petite flamme d’espérance. Peut-être, réconfort dans leur coeur, la lumière de nos éclairages, le fumet du bon plat chaud préparé par Eric et son équipe, les sourires échangés, les courtes paroles de sympathie, d’attention, les gestes de don, de soin, tout au long de la table et le thé chaud au sortir du parcours avant de rejoindre le noir, le froid, la solitude sous un abri précaire, improvisé.
Je reconnais quelques-uns d’entre eux, ils espèrent, là, depuis des mois, un travail, un sésame. Ali l’afghan ˝azara˝ me salue, il parle, affable, sa tente est sous le pont, de l’autre côté de la clôture, « c’est facile, tu passes sous le grillage. C’est comme ça, c’est la vie. »
Ce soir, la nuit n’est pas glaciale, pas trop humide. J’écoute les quelques mots livrés au passage à l’accueil, je lis les visages. Ils sont un peu détendus, la peine y fait moins d’ombre. Celui d’Abdel s’illumine d’un grand sourire ouvert, ses paroles sont ponctuées d’éclats de rire « Moi, je viens d’Apricale, je dors là-bas dans une maison abandonnée, je suis seul. 45 minutes à vélo chaque soir depuis le village. Qu’est-ce que c’est 45 minutes ? Non, je n’ai pas de travail. Ici, en Italie, c’est très difficile. J’attends les papiers » et puis « C’est bon, votre équipe, vous êtes bien organisés, bravo ! ».
Quelquefois, on doute. Eux-aussi nous encouragent.
Ariane :
Notre dernière maraude de l’année a particulièrement marqué toute l’équipe grâce à l’élan incroyable de générosité dont vous avez fait preuve. Ce geste de solidarité incarne à merveille l’esprit de Noël et le vrai sens du partage. Vos dons si nombreux et si précieux – vêtements, nourriture, chocolats, papillotes, dattes – auront apporté un peu de chaleur dans le coeur des personnes qui en ont besoin, surtout en cette période où l’absence de leurs proches se fait cruellement sentir.
En fin d’après-midi, notre équipe de maraudeurs est arrivée sur le parking de Vintimille où une file de personnes s’est rapidement formée. Certains d’entre eux se rappellent de nous, de notre organisation, nous sommes maintenant tellement bien rodés. Ils nous attendent aussi avec impatience car ils savent qu’un bon repas chaud les attend. Souvent, si nous le pouvons, ils viennent se resservir une deuxième portion. Ils apprécient vraiment le travail de nos cuistots qui y mettent le coeur à l’ouvrage pour apporter à ces voyageurs un peu des saveurs et épices de chez eux. Ensuite ils se dirigent vers les distributions de produits d’hygiène, de vêtements et de couvertures. Ils reconnaissent la voiture chargée à ras bord et attendent de voir ce que nous pouvons leur proposer pour ameliorer un peu leur quotidien en cette saison d’hiver.
Vous pouvez en être certains, chacun de vos dons a été porteur d’espoir, des petites étincelles illuminaient leurs yeux.
Merci à tous du fond coeur pour avoir fait de cette maraude un véritable moment de fraternité. Grâce à votre générosité, nous garderons cet esprit de partage et de chaleur pour la prochaine maraude du 1er janvier durant laquelle nous pourrons continuer à distribuer vos nombreux cadeaux.
Bernard :
Ce soir, cinq migrants sont venus recharger leur téléphone, ce lien essentiel pour eux avec le reste du monde. Nous avions pu recueillir quelques écouteurs que nous avons pu leur offrir et ces « oreillettes » on été vivement appréciées. L’un d’entre eux m’a conté son périple qui l’a conduit jusqu’en Allemagne, où il a séjourné pendant 5 ans, avant d’être contraint de revenir en Italie – premier pays où il était arrivé – pour tenter d’y obtenir « les papiers » qui permettraient de le régulariser. Et cela fait déjà douze mois qu’il attend que ses démarches aboutissent …
Voici le compte rendu de Shara publié sur le site de la cagnotte de GoFundMe
Yesterday was our last collection and our last « maraude » for 2025 and thank you to all those of you who have continued to support us at our little association in the Canton de Fayence.
This year our monthly trips to Ventimiglia mean we have prepared about 1000 meals, handed out clothing, blankets and toiletries to about 60 to 70 people per month; offered them first aid, phone chargers, hot drinks and a little bit of humanity in an increasingly hostile world.
Ventimiglia has not been kind to them this year; the authorities have regularly removed and destroyed their tents or shelters; daily life becomes more and more precarious, even for those of them who have applied for asylum in Italy.
The process is extremely long and drawn out and there is no guarantee that they will not be deported at the end of the process. So the fact that we are a « constant » in their world of uncertainty, means a great deal to many of them.
We support other NGOs on the Italian side of the border, and also help 2 organisations in PACA – finding furniture for accommodation for families, or paying towards bus passes for migrant children (amongst other things).
We support Association Refuge Solidaire who offer an invaluable service along the border between Italy and France.
All this to just say that even though the numbers of refugees that we see in Ventimiglia have decreased over this past year, we are still as active as ever, helping out on both sides of the border to make life just a little easier for those who face an uphill struggle at every turn. Many many thanks from all of us at Pays de Fayence Solidaire






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